Chusang-Tänge 27.11.2025


La plus longue étape, l’une des plus belles mais digne d’un gros col d altitude au niveau engagement et endurance . Même si on s’est préparé psychologiquement, ça va de nouveau être un Diablo Mudo ( Cf MartineauPerou ) , pour d’autres raisons. 
Heureusement que nous partons tôt ( 6h15 lever du jour) nous craignons la chaleur à partir de midi, nous prenons 3 litres à boire car pas de teahouse sur le chemin. 









Montée très facile en compagnie d’un petit  chien qui a décidé de nous accompagner aujourd’hui.  Il fait frais mais agréable ,on progresse bien , petite pause au soleil au dessus des fées style pyramides d‘Euseigne.  







Arrivés à un premier col, nous buvons notre thé  et croquons quelques amandes  , nous voyons le chemin continuer plein nord et à 4200 mètres la neige a déjà oeuvré. Le sentier passe par des éboulis neigeux glacés à moitié recouverts de sables friables . La pente file dans un couloir vertigineux . Un mauvais pas et c’est loin . 
C’est juste un passage ( 3-5 mètres) mais décisif . J’essaye de me positionner pour franchir ce pas, Dhan ( qui a été explorer plus loin et posé son sac pour venir m’aider ) m’attend de l’autre côté en me tendant la main , Thomas est derrière moi . Je ne me sens pas rassurée : même si Dhan me réceptionne de l’autre côté , le pas est grand ( 1m 30 je dirais ) un pas dans  le vide digne du Vanil Noir ! et j ai peur que si je glisse nous partons tous les deux dans ce grand dévaloir.
 Je rebrousse chemin ( dejà pas facile en équilibre instable au dessus de la pente ) et songe à renoncer  : tant pis on redescend nos mille mètres passés déjà montés et à Chusang on essaie de trouver un véhicule pour Tänge . Thomas ne me met pas la pression , si je ne me sens pas de passer , pas de souci , on rebrousse chemin . 
Or voilà que le jeune Santos ayant aussi posé les bagages plus loin revient vers nous tel un chamois en deux bonds dans ses baskets franchissant allègrement la passe difficile. Cela me rassure et je me dis que si Santos me réceptionne de l’autre côté et que Dhan m’assure en amont , c’est faisable . 
Voilà c’est fait . 
Cool d’avoir un guide , et en l’occurrence un porteur en plus . Ils assurent  et sans  eux je ne serai pas allée plus loin . J ai dû sauter sur mon ombre ( à l’ombre en plus brrr). 
En général lors de nos journées de marche standard , soit Thomas file devant , Santos ça dépend , il marche souvent à côté de Dhan , et moi je chemine à mon rythme, devant  Dhan ou derrière , mais ils m’attendent sitôt qu’il y a une bifurcation ou un passage plus difficile , Dhan est là pour moi ( mon guide perso😉. ) . Thomas se débrouille tout seul . Il est aussi souvent tout derriere  et prend son temps pour photographier.  Parfois c’est moi qui suit en tête et j apprécie aussi de découvrir l’itinéraire par moi même ( un guide est obligatoire , mais pas pour trouver le chemin , il n y a qu’à suivre le sentier , à part pour quelques raccourcis on ne peut pas se tromper . Et il y a des panneaux ! 



C’est rare que Thomas et moi cheminons côte à côte ( un peu en début et fin de journée ) , nous passons  dejà 24h/24h ensemble , la marche est plutôt espace de cheminement intérieur et de liberté. De toute manière pour tout ce qui est ascension, le souffle ne permet guère de discussions approfondies. Je fais  un peu de small talk par ci par là avec Dhan ou Santos mais ça s’arrête là. 
En l’occurrence mon statut de seule femme m’assure un soutien personnel, je ne m’en prive pas , parfois  c’est pour des petites difficultés et une main tendue n’est pas de refus. Ici c’était indispensable. Ça compense pour toutes les fois où je dois  me débrouiller pour faire  pipi hors de leur vue 😉. 
Du coup nous y avons  passé presque une heure. Il est bientôt midi et nous avons marché moins de 10 kil . 
Heureusement la beauté du paysage nous émerveille à chaque pas . Nous sommes sur une sorte de chemin de crête à plus de 4000 mètres, ça monte et ça descend toujours et le terrain devient boueux , neigeux, glacé, glaiseux: à choix , ça change tous les 100mètres, on n’avance pas .




 
Vers 15 h nous arrivons enfin au troisième col , plus qu’à descendre sur Tänge/Tangya ( différentes orthographes). 


Le petit chien n’osera pas passer le pont sur la rivière , sniff . 


Le pont suspendu au dessus de l’affluent de la Kali Gandaki, Yak Khola ( difficile d’imaginer qu’en période de mousson, le lit de la rivière est entièrement submergé par les eaux .) 
Arrivée au village vers 17 heures , journée de 11 heures de marche, 26 kilomètres, 1800 mètres de dénivelé  au compteur - prévu : 24 km, 1400 m et 8-9 h 😉) . Nous avions encore un peu de marge pour arriver avant la nuit mais heureusement que nous sommes partis dès le lever du jour . 
Nous avions décidé qu’on voulait absolument faire cette étape à pied plutôt que l’éviter par la route , ben voilà faut assumer . Aucun regret vu les paysages grandioses 😊 
C’est clair qu’au niveau de mon calcul de proportions marche plaisir  / agréable % pénibilité , aujourd’hui c’était 1/3 agréable et 2/3 pénible ! Par contre pour les paysages , 80- 90% grandiose , 10-20 % bof ( la descente et le dernier bout jusqu’au village ) . 
Fatigués mais contents ! 

Notre itinéraire sur 5 jours au Mustang , en vert l’étape du jour. 






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